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Pre to Postmortem : les débuts [partie 1]

Edito
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Ce texte est la libre traduction de l'article paru sur The Verge dont la reconstitution des faits a fait l'objet d'un fastidieux travail documentaire par son auteur, Chris ZIEGLER C'est aussi une adaptation, actualisée avec les informations parues (fin aout 2012) depuis sa publication, qui cherche à vous donner une lecture plaisante des évènements qui se sont effectivement déroulés. C'est FredW qui ainsi réécrit cette histoire, en hommage aux communautés palmOS et webOS, que ce soit à leur talent ou à leur rare convivialité.

TRENTE ET UN MOIS,

Pre to Postmortem : les débuts [partie 1]
C'est le temps qui a suffi pour qu’il ne reste de Palm, Inc.,  surdoué du PDA qui a su se transformer en star lors du Consumer Electronic Show de janvier 2009, qu’un fantôme. 
Palm, un des pionniers du Smartphone, qui a su éblouir sur scène Las Vegas, n’est plus à l’été 2012 plus que l'ombre de lui-même, une obscure division presque anonyme à l'intérieur de la machine HP, privée à la fois de gamme de matériel et de  la confiance de ses nouveaux propriétaires. 
Trente et un mois, c'est à peine la moyenne nationale d'engagement des contrats d'abonnement mobile américain: Pour le public, le temps de benner son portable.
Pour un industriel de ce secteur, le record de passage à la trappe.
 
Car la débâcle de Palm, c’est bien plus qu’une histoire ;  c'est désormais une légende de la Silicon Valley. 
 
La Californie se situe pourtant très, très loin de l'allée des tornades: 
Alors, comprendre comment cette spirale ait pu se refermer dans un si un court laps de temps d’une apothéose sur un désastre total, n'est pas simple. Des parties de l'histoire se sont déjà tout simplement perdues, des points de vue et des perspectives ont définitivement été mis sous silence par magouille interne, au milieu de l’éternelle trahison des partenaires, tricherie de la concurrence, et ce qui en reste a déjà sombré dans l’oubli d’employés partis depuis longtemps vers des pâturages plus verts en $ et des avenirs moins incertains... 
 
Ce que nous savons est cependant suffisant pour reconstituer un scénario opposant des factions belligérantes, des prises de décision contestables sur fond de stratégie de l’urgence, mais aussi des moments de fulgurance à la gloire d'un noyau dur qui a combattu sans relâche pour perpétuer sa vision. Voici un récit de l'ascension de Palm avant le lancement du Pre, le déclin tragique et l’improbable chute, assemblé au moyen de témoignages recueillis auprès d'un certain nombre d'actuels ou anciens employés. Et quelques pistes pour sa suite, car ces derniers jours, l'actualité sur ce secteur d'activité s'accélère...
 

« Le monde du PC ne voit pas où vont ses pieds »

Pre to Postmortem : les débuts [partie 1]
Lancer une plate-forme à partir d'une feuille blanche n'a rien de facile : demandez leur avis à Apple et Microsoft, sur l’échec cuisant des projets respectifs « Copland » et « Caire »,  passés à la trappe il y a moins de 20 ans, avant même qu'on s'en souvienne. La politique d'une plateforme mobile n'est guère différente. L'ensemble du processus peut même rapidement virer en conflit avec ses fidèles. Peu importe le risque de trahir insidieusement la liberté de consommation de ses utilisateurs, ou de laminer une base de développeurs enthousiasmés, au bout, en définitive, c'est le point de vue de l'actionnaire qui prévaut, seul le résultat compte.
 
Mais, le cycle de vie d’un système fait coexister tout un petit monde quelques mois, ou quelques années, dont il reste ou on laisse forcément quelque chose. On y réécrit sa vie, organise son travail, fiche ses nouvelles rencontres. Forcément, ca devient personnel. Pour palmOS, ce fut près de 15 ans ; cinq fois moins pour son successeur à ce jour.
 

Pre to Postmortem : les débuts [partie 1]

Les grands parents

Lancer une nouvelle interface entre un utilisateur et ses informations, en réinventant ce qu'on sait trop bien faire, totalement. Vers 2004, Palm — ou plutôt palmOne, puisque tel était son nom à l'époque — se trouve précisément dans cette position. Bien que la compagnie avait enduré, depuis sa création par Jeff Hawkins en 1992, une décennie de montagnes russes d'acquisitions, de scissions et de rachats, PalmOS avait donné le « la » au monde de l'assistant personnel, outil pourtant réinventé à partir des débris d'un bide de... Apple, portant le malicieux nom de Newton (1993), l'homme qui, le premier, a compris la pomme. Trois ans plus tard, en 1996, PalmOS initiait puis dominait le marché du Personal Digital Assistant, organiseur de poche chez nous, tournant sur des appareils emblématiques comme le Pllot, le Palm III (1998), le Palm V (1999) et les Sony Clié (2000); et, pour entamer le siècle, la gamme Treo (2001).
 
Car contrairement à beaucoup de ses concurrents sur ce marché PDA, Palm avait depuis cette réinvention réussi à passer en douceur la nécessaire transition vers l'arène naissante du smartphone -dès 1998, on pouvait envoyer des sms ou des mails en reliant en filaire son Palm à un Ericcson; même si pour unifier les deux appareils en un seul terminal, il a fallu dans l'interval attendre et racheter la licence de Palm OS concédée à Handspring.
Tout est allé très vite dans les années 1990; apparition des réseaux de téléphonie cellulaire, généralisation des accès internet, apparition du PDA ; pour Palm, les trois mondes devaient coexister, l'organiseur devait sortir de sa poche et se connecter. Palm aura tout au long de son histoire un besoin constant de se financer pour évoluer, et ce fleuron de la modernité des années 90 qui s’était déjà vendu 2 fois (US Robotics, 3 Com)  s'introduit en bourse dès 2000.
 
Néanmoins, en 2005, il était devenu évident que Palm OS avait plus de dix ans, la plate-forme devenant progressivement obsolète sur son plan architectural face au progrès rapide (gsm, bluetooth) du matériel, -l'impossible intégration du Wifi démontrant que son époque était révolue- désespérant les attentes de ses utilisateurs fidèles depuis 1996. La compagnie, déjà dans l'impasse, a du solliciter l'octroi par Microsoft de licences Windows Mobile, qui a fait ses débuts sur le Treo 700w; et a pour un temps un certain succès  élargi auprès d'une clientèle plus professionnelle.
 
Ed Colligan, qui a servi Palm au sein de plusieurs directions de la marque, après avoir fait scission chez Handspring, l'inventeur des premiers Treo, a pris les commandes du groupe au début de 2005.
 En fait, d'une manière ou d'une autre, le nom de Colligan est associé à celui de Palm dès sa création en 1992 par Jeff Hawkins, dont le produit final, fut le malheureux Foleo annoncé puis retiré la même année, en 2007, devant la déferlante des netbooks. L'histoire de l’ancêtre du Touchpad va se répéter avec son rejeton...
Bien que Palm avait à cette date déjà désespérément besoin d'une plate-forme entièrement nouvelle, il est facile de comprendre pourquoi Colligan pensait que le temps était de son côté : les marchés de PDA et smartphone ont été stables et lents à s'établir. Pour mémoire, sa petite phrase de 2006  en dit assez : « Les monde du PC ne voit pas ou vont ses pieds », croyant que Palm avait amassé suffisamment d’expérience et d'expertise devant les rumeurs croissantes sur la sortie d'un téléphone Apple.

Après la scission avec sa division logiciels (PalmSource en 2003), PalmOne choisit de ne pas produire les périphériques sous la version 6 de Palm OS, plus tard nommée Cobalt — que les deux sociétés avaient pourtant passé des années à complètement réécrire. En fait, ni Colligan ni son prédécesseur Todd Bradley (parti chez HP) n'envisageront une éventualité de mise sur le marché de Cobalt. Au lieu de cela, la société garde des œillères et continue obstinément de produire des téléphones portables et PDA basés sur les évolutions de Palm OS 5, en ajoutant à sa gamme une sélection de smartphones Treo dotée de son concurrent Windows Mobile pour compléter son offre. Tel est le résultat désastreux de cette schizophrénie ayant amené Palm à dédoubler ses rôles de concepteur et de fabricant. Ce choix funeste sera encore fait avec WebOs.
 
Ses raisons sont probablement financières; après une série de rachats des années 90, et son entrée au Nasdaq en 2000, étoffer le groupe en divisant ses activités a pu apparaitre comme un mode de diversification de son financement, et une possibilité de revente de la vieillissante partie matériel. PalmSource sera logiquement mis en bourse en 2003, toujours en vue de financer une activité qui ne produit structurellement pas l’autofinancement de son développement. HP tombera dans le même travers en 2010, la maladie de Palm ayant contaminé tout le premier constructeur mondial de PC, qui envisagera de stopper toute production de matériel.

Les parents

Revenons en 2007: C'est pas si vieux, en France, débute le dernier quinquennat.
Mais à Sunnyvale, c'est l'impasse. Pour Bono (le leader du groupe pop U2) aussi d'ailleurs, il se renouvelle plus ; mais lui connait la musique: le Fund dont il fait partie, Elevation Partners, prend une participation significative de 25% dans Palm. L'impasse n'était pas que financière: A l'époque, une itération sur Palm OS 5 équivalait à extraire de l’eau à partir d'un cactus : même si elle avait été repensée en fonction sur les plus récents processeurs ARM, l'interface utilisateur des périphériques Palm affichait une similitude inquiétante depuis dix ans, Graffiti (perdu dans un bataille de brevets) et infra rouge (ah, le beam !) en moins, mais toujours un stylet et  les limites de son âge.
 
L'iPhone est alors mis en vente. Anodin pour un constructeur de smartphone traditionnel OEM comme Palm, inconscient de l'effet révolutionnaire que l'iPhone et son interface fluide et léchée aurait finalement sur le marché. Et le succès retentissant de son petit Centro, à la fin de l'année 2007, celui du de premier smartphone d'entrée de gamme, vendu sous plusieurs couleurs, finira de lui fermer les yeux. Grave erreur. Le terminal d’Apple sera pourtant, après l’iPod (275 millions d’exemplaires vendus à fin 2010) lancé 6 ans plus tot  sera pour longtemps un modèle raflant à lui seul 20% du marché. Mais qui aurait pu dire que l’iPhone se vendrait à plus de 250 millions d’exemplaires en générant 150 milliards de CA (à fin juin 2012) à cette époque…
 
En interne, cependant, la compagnie sait parfaitement que son propre système d'exploitation doit être réécrit, l’improbable Windows Mobile n'offrant aucune alternative à long terme. Et à ce moment-là, Palm n'a d'ailleurs plus d'OS, que ce soit Garnet (PalmOs 5) ou Cobalt (PalmOs 6): les deux plates-formes ont été vendues avec PalmSource au Japon (en fait, Cobalt vit encore à la date d'aujourd'hui sous le nom de ALP — Access Linux Platform — même si aucun constructeur mondial n'a jamais mis un terminal sur le marché).
 
Et en effet, les talents internes quittent Sunnyvale en masse. Avec la sortie de l'iPhone originel, nombreux sont ceux tentés par la perspective d'un nouveau défi, passant de la Paume (Palm) à la Pomme (Apple).
Les développeurs partent eux aussi vers l’App Store, malgré le nombre considérable d'applications PalmOS, qui avait réussi à créer le premier écosystème mobile viable. Ce n'était pas tout, l'autre grande réussite de Palm, c'était aussi ses communautés d'utilisateurs, d'abord sur des groupes de discussion, puis sur des forums comme ici, PdaFrance ou Palmattitude.

Comme les blogueurs, les clients emboitent le pas vers l’irrésistible univers de jolies machines made in Cupertino qui fascine tout le monde, au point de faire camper des clients souriants devant les magasins.

La Gestation

Pour stopper l'hémorragie, Palm, refinancé juste à temps par Elevation Partners, va mettre le paquet.
Une Dream Team est mise en place.

... La suite de l'aventure Palm très bientôt !

source


Rédacteur sur le site webOSFrance et Développeur sur la plateforme webOS sous le nom "ScienceApps",... En savoir plus sur cet auteur



1.Posté par Umit le 04/09/2012 23:24
tres bien explique. merci pour la traduction

2.Posté par boré le 05/09/2012 16:48
merci,

3.Posté par Technotom_fr le 05/09/2012 21:10
Oui beau travail FredW, merci à toi

4.Posté par Newbiez le 05/09/2012 23:31
Très sympa, vivement la suite ...

5.Posté par Puyb le 12/09/2012 17:27
Revenons en 2007: C'est pas si vieux, en France, débute le dernier quinquennat.


Raté, il se termine en 2007 le premier quinquennat (de la 5e république, et qui a donc commencer en 2002)... Certain disent même que le premier quinquennat à commencer en 1997 quand Chirac à dissolu l'assemblée nationale, mais c'est une autre histoire ;-)

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