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Pre to Postmortem : Jon rubinstein [partie 2]

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Jon Rubinstein
Jon Rubinstein
Ce texte est la libre traduction de l'article paru sur The Verge dont la reconstitution des faits a fait l'objet d'un fastidieux travail documentaire par son auteur, Chris ZIEGLER C'est aussi une adaptation, actualisée avec les informations parues (fin aout 2012) depuis sa publication, qui cherche à vous donner une lecture plaisante des évènements qui se sont effectivement déroulés. C'est FredW  qui ainsi réécrit cette histoire, en hommage aux communautés palmOS et webOS, que ce soit à leur talent ou à leur rare convivialité.

La Gestation

Pour stopper l'hémorragie, Palm, refinancé juste à temps par Elevation Partners, va mettre le paquet.
Une Dream Team est mise en place.

Le capitaine en sera Jon Rubinstein, un poids lourd qui vient avec tous ses collègues et contacts industriels ; à lui seul, il représente une importante part de réussite de l'iPod, qui avait à lui seul sauvé Apple ; et met dans la balance LA possibilité de sortir le prochain blockbuster que serait la réplique de Palm.
Andy Grignon, Rob Tsuk et Rich Dellinger, pour n'en nommer que quelques-uns; Matias Duarte (après avoir examiné une proposition prometteuse de Google), qui avait fait ses armes chez Danger et Helio, sont embauchés pour diriger la conception de la révolutionnaire interface utilisateur Palm.
On va même prendre des talents chez Microsoft: Ruby recrute Mike Abbott pour diriger l'équipe logiciel. Coté matériel, on cherche aussi des innovateurs avec Manu Chatterjee, (qui a fini par créer des accessoires tels que l'étonnant Touchstone) et d'anciens employés de Pixo.

Greg Simon et Manu Chatterjee
Greg Simon et Manu Chatterjee
« Steve [Jobs] savait ce qui se passait », nous dit une source. « Il savait qu'une fois que vous avez commencé à tirer le fil, la pelote venait avec. » Le patron de Cupertino passe même des appels personnels à certains talents sur le départ. Un rapport de Bloomberg de 2009 a révélé que lors des recrutements approchés par Ed Colligan en août 2007 — le mois des premiers transfuges d'Apple vers Palm  — des négociations entre les deux concurrents ont été faites dans l'espoir d'étouffer une hémorragie qui se serait étendue à une grande partie de l'équipe iPhone. Et la réponse de sang froid de Colligan à Jobs laisse songeur: « votre proposition d'accord qu'aucune société n'embauchera des employés de l'autre, quels que soient les désirs individuels, n'est pas seulement fausse, elle est probablement illégale. »

Apple ne fera évidemment pas de quartier par la suite, et ne laissera par la suite à Palm aucune chance.
Tout était possible, tout se jouait effectivement à ce moment.
Palm était sur le point d'amasser peut-être la plus grande concentration de talents de la Vallée, et les conséquences étaient cruciales pour la suite de l'histoire. Les personnes qui avaient déjà marqué cette industrie — dont beaucoup étaient déjà de vieux briscards — étaient attirées à rejoindre en masse l'aimant qu'était devenu Sunnyvale sous la direction de Ed Colligan et Jon Rubinstein, considérés comme des individus si charismatiques et influents qu'on leur prêtait le don d'accomplir des prodiges.

Et la bonne santé de Palm permettait objectivement à sa direction de donner pendant le temps nécessaire à ses ingénieurs de faire sa révolution avec Nova, qui succèdera à PalmOS.  Alors que cet afflux de talent continue en fin 2007 et début 2008, Mercer et sa petite équipe planchaient sur la motorisation du nouvel OS, le projet ayant pour nom de code « Prima. » À certains égards, Prima emprunte beaucoup à PalmOS : c'est un environnement d'exploitation léger conçu pour les périphériques à ressources limitées. Mais les premiers résultats de Nova sont loin d'une réussite. « Ce truc était pourri », carrément selon une source.

« Il a une belle démo, mais rien n'a vraiment fonctionné, » dit une autre. « L'équipe software tournait à la mutinerie. C'était intenable pour bâtir ce que nous voulions réaliser. » Des tâches simples comme centrer un texte à l'écran prenaient cinq lignes de code. Si une application unique plantait, tout le système freezait. Les ingénieurs de Palm tentant d'écrire des applications et des services pour Prima luttaient contre un régime de débogage archaïque qui exigeait d'arrêter et redémarrer toute la couche d'interface utilisateur à chaque fois, un processus qui prend environ une minute et demie. Basé sur le langage Java, l'écriture de code Prima exigeait l'utilisation de mots-clés spécifiques que personne ne pouvait comprendre. Et Duarte, le maitre d'œuvre de Nova, qui avait déjà utilisé le prototype Prima pour donner vie à sa tant vantée « interface à cartes » ou encore au système révolutionnaire de notifications de Rich Dellinger, n'était pas plus heureux.

Tout semblait très dur avec Prima. Les nombreux effets visuels voulus fluides par Duarte pour les gestes et les transitions avaient un rendu pauvre et tramé. Le système ne prenait en charge que le mélange alpha, ce qui signifie que les boutons et les icônes ne seraient affichées que comme des carreaux carrés, non comme des formes arbitraires. Des changements élémentaires de l'équipe de conception exigeraient des efforts herculéens pour être mis en œuvre. « Nous n'écrivions pourtant que de simples raccourcis dans l'interface utilisateur. Pour Matias il devenait impossible d'obtenir exactement ce qu'il voulait. » Hélas, Palm était pressé de mettre en place un événement de communication dans les premiers mois de 2008 avec des développeurs tiers principaux — réunion qu'il savait vitale à la réussite de Nova  — pour démontrer les API de Prima et les premières ébauches de documentation de programmation. « Ils étaient sans aucun moyens: Un enfer», explique une source. « C'est trop compliqué. C'est trop différent, vous n'aurez pas l'adhésion des utilisateurs. Vous avez besoin de revenir avec quelque chose d'intutif, de standard ». 
 
Ce qui complique encore davantage les questions pour Palm, c'est le business.
Le premier opérateur US, Verizon, avait initialement été pressenti pour diffuser le principal terminal Nova — le téléphone qui deviendra finalement le Pré — mais la major a subitement suspendu son soutien pour des raisons inconnues (la versatilité des opérateurs américains dans les négociations avec les fabricants de téléphone est connue outre-Atlantique). 

Pre to Postmortem : Jon rubinstein [partie 2]
Palm et Verizon, pour un temps sur un meme capot. D’abord une panne subite ; puis la trahison
 
AT&T, seconde major, est quant à lui très heureuse de son exclusivité si profitable avec Apple.
La situation a conduit Palm à se repositionner avec Sprint, un réseau bien plus modeste, à la clientèle moins rentable, situé à la 3e place; loin derrière Verizon et T-Mobile. Pour couronner le tout, pendant ce temps, le marché de Windows Mobile que Palm destinait à sa clientèle entreprise, permettant de tenir le temps nécessaire au lancement de Nova, s'est échoué sur un banc de sable, mettant sur le flanc son navire amiral, le Treo Pro.

Et au beau milieu de la tourmente, Colligan et Rubinstein sont intimés par des actionnaires inquiets de présenter le Pré au CES en janvier de l'année suivante. Temps, argent et patience sont déjà comptés pour le nouveau Palm, avant même sa conception – ca ne changera plus. Déjà, ils n'avaient plus le choix:

Pre to Postmortem : Jon rubinstein [partie 2]
Pour le lancement du Pré, Palm avait diffusé aux employés des paquets de jeux de cartes à jouer qui représentaient à la fois  la continuité de  l'histoire de la compagnie (le Palm V dans le pique dessiné sur le paquet) et son attitude décousue (jouer aux cartes au bureau)... Quelques mois après les investissements de Elevation Partners, le moral chez Palm vacillait. Les cadres avaient vendu aux recrues une mentalité de changement du monde, tandis que Duarte avait livré un plan directeur pour une interface utilisateur révolutionnaire.

Mais l'embryon de système d'exploitation de Mercer avait très peu de soutien au-delà du petit groupe des ingénieurs (autour de quatre) qu'il contrôlait directement. Le directeur de la plate-forme Greg Simon et le vice président de Palm Andy Grignon — qui avaient travaillé ensemble plusieurs années auparavant à Pixo — pensaient qu'ils pourraient avoir une solution. Les deux annulent un week end pour voir si une approche radicalement différente pour la couche d'interface utilisateur avait sa chance: Créer exclusivement à l'aide de WebKit, le moteur open source web basique reconnu par Apple Safari et Google Chrome. À l'époque, chez Lampdesk, Simon et Chatterjee avaient créé un produit appelé WebVM qui permet aux développeurs d'intégrer des technologies web dans des applis autonomes, donc il y avait déjà un sentiment que cela pourrait être un jour étendu à tout le système d’exploitation. L'incapacité de Prima à aligner facilement du texte revient comme un leitmotiv dans les conversations des ingénieurs:

« Plutôt que de dilapider un programmateur s'escrimant à écrire du code qui centre le texte, nous montions debout sur les épaules d’un WebKit géant pour le laisser faire ».

« Laissons WebKit faire. »

Sans se perdre dans les détails, l'approche de Simon et Grignon, à l'aide de pur HTML et de JavaScript aurait quelques avantages clés sur Java. Tout d'abord, cela permettrait de mettre en œuvre des gros morceaux de fonctionnalités très rapidement parce que les normes sous-jacentes étaient simples, et largement comprises. Ensuite, Duarte a été intrigué par l'idée que ses concepteurs seraient en mesure de les appliquer directement aux applications, écrans, et les éléments d'interface utilisateur sans faire intervenir l'équipe ingénieurs, qui avaient à se soucier d'autres choses. Et peut-être plus important que tout, WebKit existait déjà — Palm a juste eu à l'intégrer à son système d’exploitation. Bien sûr, ce n'est pas si simple.

WebKit simplement n'a pas été créé pour faire ce genre de choses. Personne ne travaillant sur le projet WebKit n'avait à l'esprit son utilisation sur un mobile avec RAM, processeur et batterie limités — certainement pas, pour écrire une entière interface utilisateur, de toute façon. Certes, Nokia et Apple avaient déjà porté WebKit pour son utilisation dans leurs navigateurs mobiles à ce moment-là, mais ce que Simon et Grignon ont envisagé sur un OS complet était une idée beaucoup plus ambitieuse. Une semaine plus tard, tous deux croyaient bel et bien qu'ils avaient suffisamment avancé vers une maquette permettant de prouver que la vision de la nouvelle interface de Matias Duarte pouvait être réalisée, effectivement, en n'utilisant rien de plus qu'un moteur web.
Ils ont pris la démo chez la direction Logiciel de Mitch Allen ; elle est exposée à Rubinstein peu de temps après.
Allen a été suffisamment impressionné pour que Grignon reçoive autorisation de diriger dix membres d'équipe avec financement de leurs travaux pour un mois seulement, dans le but de porter WebKit et des fonctionnalités de base sur un appareil prototype très tôt appelé  Floyd, " essentiellement un Treo 800 w modifié". Il n'y n'avait aucune garantie de la part de la direction de Palm, seulement une promesse qu'ils seraient autorisés à démontrer un boot.

Le Tréo 800w, ultime Palm qui a servi de base pour la première démo de webOs sous language web (Luna)
Le Tréo 800w, ultime Palm qui a servi de base pour la première démo de webOs sous language web (Luna)
Le projet alternatif à Nova porte aussi un nom: « Luna ». La petite équipe de Luna se met en mode furtif, s'installant dans une salle de conférence à l'intérieur des bureaux de Palm, posant du papier peint sur les fenêtres pour les masquer. C'était, à toutes fins pratiques, son propre démarrage du creux de la "paume". « C'est la façon de faire en interne dans une grosse entreprise. Il faut protéger les ingénieurs », nous dit un membre de l'équipe. 

Pre to Postmortem : Jon rubinstein [partie 2]
Mike Abbott, juste recruté de Microsoft par Ruby pour prendre en charge les fonctionnalités du logiciel définies par le  CTO Mitch Allen, reste au contact avec le reste de la société pour le « démarrage » sans relâcher sa concentration. Ainsi, du lever au coucher du soleil, ils ont passé par le menu tous les détails de ce qui ferait exactement un téléphone entièrement écrit sur language web. Des personnalités se sont affrontées dans cette salle de réunion, des engueulades homériques y ont résonné. C'était une période intense — toutes les personnes concernées se sont unies pour échapper à Prima, et ils voulaient bien faire les choses. Compte tenu du calendrier, ils ont fait le coup de feu, sans filet, ni deuxième chance à gaspiller.

Mais après un mois, Luna était là.

Il tournait. L'équipe a célébré jusque tard dans la nuit dans le repaire de Cupertino Alexander, le succès d'un projet de seulement quelques milliers de dollars, mais qui a valu à Abbott une faiblesse cardiaque pendant ces courtes semaines. C'était aussi un exploit d'ailleurs généreusement récompensé, mais peut-être pas si couteux quand on le remet en perspective: « C'était effectivement leur prime », remarque une source : "Pensez donc: Si vous leur [un ingénieur de Silicon Valley] lâchiez un bonus de 500 $ pour ce niveau d'effort, il auraient probablement tous abandonné sur place. »
 
Mais malgré probablement les meilleurs concepteurs de l'époque, malgré un mois de procréation intense, on n'accouche pas forcément d'un génie; si PalmOS avait eu une gestation de quatre années avant de naitre sur un marché vierge... WebOS, malgré sa génération d’avance, sera un prématuré de six mois, attardé de deux ans sur l’iPhone.

La suite au prochain épisode !

Rédacteur sur le site webOSFrance et Développeur sur la plateforme webOS sous le nom "ScienceApps",... En savoir plus sur cet auteur



1.Posté par Newbiez le 12/09/2012 23:55
Je sais que ce n'est pas l'actualité du jour, mais vivement la suite ...

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